Pourquoi un vent nouveau souffle sur la Geekosphère ?

19 Mar

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Suite à la multiplication des blogs sur la toile dénonçant la prégnance du sexisme ordinaire (mais clairement explicite) au sein du monde des jeux vidéos et des comics (principalement), les  gameuses ont fini par se faire entendre du grand public, passant au delà des injures et des intimidations auto-défensives des mécontents du milieu. L’article de la blogeuse et gameuse Mar_lard se trouve être l’élément déclencheur, faisant sensation auprès des journalistes, toujours à l’affût du petit scandale qui croustille et fait le buzz. 

 

Ras le bol général chez les « Geeks »

Mieux encore, une révolution semble se dessiner.

Le Graal est là, les médias s’intéressent enfin au sujet et mettent la lumière sur l’attitude violente, déplacée et sexiste des gamers envers les joueurs de sexe féminin. Il y en a pour tous les goûts, des Inrocks à Libé en passant par Rue 89 et Slate, toute la presse web en parle.

Mais servent-ils véritablement la cause ? Est-ce un réel changement, une lame de fond ? Ou bien est-ce un effet de mode que de se préoccuper de la cause féministe, en ces temps où les poitrails s’offrent généreusement aux objectifs des photographes presse ? L’avenir nous le dira.

 

Diantre,  tu n’as point de pénis ?  

Longtemps stigmatisée comme le bastion des ados pré-pubères et adultes attardés, la culture geek s’est forgée dans un univers machisteauto-suffisant et pseudo cynique.

L’esprit communautariste étant la pierre angulaire de ce milieu, l’exclusion était de mise pour tous ceux qui ne correspondaient pas aux critères primaires du bon geek : « un jeune cis-homme blanc hétérosexuel » comme l’évoque @Mar_Lard dans son article.

Enfin ça, c’était avant.

 

VAGIN RETRO SATANAS

En effet, c’était sans compter sur la vile intrusion de ces satanés « nichons » dans ce milieu. Depuis que les femmes sont entrées dans leur monde, ils ne peuvent plus assouvir leurs petits fantasmes en les rabaissant impunément au rang d’objets sexuels. Et ça, crotte alors, ça passe pas chez nos petits copains les Geeks.

Sentant le vent tourner, ils essaient -tant bien que mal- de se réapproprier la communauté en tentant de faire taire les revendications, à grand coup de discrédit sur la gent féminine. Heureusement, il en fallait plus que ça pour décourager les plus téméraires, motivées à révéler cette saloperie discrimination genrée au grand jour.

 

Parce-que chez les Geeks, le machisme, c’est pas automatique

Non. Vous n’aurez pas une once de déni concernant les problèmes de sexisme qui sévissent chez les Geekos dans ce blog. Mais, bien que la « norme » du milieu soit le machisme puant, tous ne fonctionnent pas de cette façon et c’est important de le souligner.

Je terminerai donc ce petit récapitulatif par un grand merci à celles et ceux qui se battent pour ce qui leur semble être un monde plus juste.

En bonus, le 1er épisode « Damsel in Distress » de la série explicative sur le sexisme dans les jeux vidéos « Tropes vs Women ».

Bon courage aux gameuses. La route va être longue.

Pourquoi taper sur la théorie du genre ?

10 Déc
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Pub anti-IVG dans le supplément TéléObs du dernier numéro du Nouvel Obs
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Du contrat social
Entre la pub pro-life dans le Nouvel Obs et la théorie du genre qui « menace notre contrat social » selon certains parlementaires, jusqu’où ira-t-on pour conserver et justifier le statu quo d’une société inégalitaire et réactionnaire ?
Ionesco s’en frotterait les mains, l’absurde a-t-il des limites ?
Deux députés UMP ont transmis une proposition de résolution demandant «une commission d’enquête sur l’introduction et la diffusion de la théorie du gender en France». Selon ces députés :«les conséquences que la théorie du gender implique représentent un tel bouleversement de notre contrat social que les Français sont en droit d’en être informés» expliquaient-ils à Libération.
Mais la face latente de cet intérêt soudain pour les gender studies (qui sont des études, et non des théories), révèle bien autre chose en réalité ; en effet Libération rappelle ainsi :
« Jeudi, lors de l’audition à l’Assemblée nationale de la présidente de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, Xavier Breton a estimé que le projet de loi sur le mariage pour tous «s’appuie sur la théorie du genre, idéologie qui consiste à dire que l’homme et la femme sont interchangeables». Traduction : des études venues des États-Unis nous imposeraient un changement de société que nous ne voulons pas. »
La volonté humaine de préserver ce que l’on connait, de peur de ce que l’on ne connait pas, sera toujours la plus grande source de crainte contre laquelle on devra lutter afin de faire naître un monde plus juste.
#utopiemilitante #liberté #mixité

Pourquoi 122 femmes sont-elles mortes sous les coups de leurs conjoints cette année ?

4 Déc

Ni putes Ni soumises – happening contre l’indifférence

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Le 25 novembre dernier, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, l’association Ni putes Ni soumises a organisé un happening place Beaubourg, à Paris, pour lutter contre l’indifférence généralisée. 

 

Se taire, c’est participer

Des dizaines de femmes, maquillées comme si elles avaient été frappées au visage, se sont réunies dans la discrétion devant le centre Georges Pompidou et ont toutes simulé l’évanouissement en même temps, symbolisant ainsi la disparition de ces 122 femmes, mortes sous les coups de leurs conjoints en 2012.

La vidéo du happening de NPNS ici

« Frappant constat » qui suit le visionnage de cette vidéo, personne n’intervient auprès de ces femmes couvertes d’hématomes. Alors, doit-on continuer à nier la violence ? Se taire, c’est participer.

 

France, quelques chiffres

– Rappelons qu’une femme sur dix se déclare battue.

– Une femme est violée toutes les huit minutes (le viol conjugal, c’est aussi un viol).

– Une femme battue meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint.

– Selon le site Stop Harcèlement « L’année 2010, 192 906 procès-verbaux ont été dressés par les forces de l’ordre pour coups et blessures volontaires non mortels, ce qui constitue un accroissement de 81 % en comparaison à 2000. »

– Un numéro gratuit d’aide aux victimes : 3919

 

Parlez-en autours de vous. On est tous responsable.

Pourquoi les héros de jeux vidéos sont-ils de sexe masculin ?

23 Nov

Papa, dessine-moi un jeu vidéo !

Mike Hoye, jeune papa d’une petite Maya, a pris la décision de hacker le jeu vidéo « Zelda : The Wind Waker », avec pour ferme intention de pouvoir désormais proposer à sa fille un jeu de rôle où le personnage principal ne serait pas forcément de sexe masculin et où le personnage en détresse ne serait pas systématiquement de sexe féminin.

Out les vieux clichés et la princesse Zelda, pour la nouvelle héroïne, le jeu consiste à présent à sauver son jeune frère !

Réactions des « gamers »

Bien que classée dans la catégorie « articles insolites » (arf), l’histoire a fait le tour des blogs destinés aux jeux vidéos. Petite victoire.

Article à ce sujet – Encore un – Décidément ! – Le monde du jeu vidéo deviendrai-t-il féministe ?!

Malgré ce bref engouement pour la cause féminine, une majorité de joueurs -mécontents de l’affaire -, laissent entendre via leurs commentaires que Mike Hoye « renforcerait ainsi la scission des genres » (touss touss mauvaise foi  touss touss). Le papa répond très simplement :

« Je n’ai pas envie que ma fille grandisse avec l’idée que les filles ne peuvent pas devenir des héros. »

Rien à ajouter.

A part peut-être « Bien joué Hoye » 😉

Pourquoi tolère-t-on qu’une militante pacifiste puisse se faire tabasser ?

19 Nov

Sois seins nus, mais tais-toi !

Lors de la dernière manifestation anti- « mariage pour tous », organisée dimanche dernier par l’institut Civitas, les FEMEN (Mouvement « néoféministe », bien connu désormais pour leurs manifestations dépoitraillées), se sont faites lyncher par des « nationalistes » et des « personnes bien sous tous rapports, qui défilaient en famille ».

« Vas-y casse-toi, sale pute va ! »

Dans quel pays vit-on ? Un pays où l’on insulte et frappe quelqu’un qui n’a pas les mêmes opinions que soi ? Un pays réac’ où la petite provoc’ dérange ?

La chair des femmes est étalée dans toutes les publicités, la pornographie est devenue une industrie et l’on rue de coups des militantes humanistes parce-qu’elles sont seins nus ?

Les faits

« « Ils étaient 20 ou 25», a confirmé à 20 Minutes Inna Shevchenko. « Ils m’ont jetée par terre et m’ont littéralement sauté dessus, raconte la représentante des Femen en France. Ils m’ont cassé des dents, et d’autres filles avaient la bouche ou le visage en sang. » Leurs agresseurs ? « Le service d’ordre, des nationalistes », affirme-t-elle. » pouvait-on lire ce matin dans 20 minutes.

la vidéo ici

Le gouvernement n’a, d’ailleurs, pas tardé à réagir :

 » Il n’y a aucune place pour les agressions d’extrême droite dans notre pays « , a annoncé la porte-parole du gouvernement mais aussi Ministre des Droits des femmes, Madame Najat Vallaud-Belkacem.

 » Le gouvernement n’aura aucune tolérance à l’égard de ces violences et de tous les dérapages qui y sont associés. La liberté d’informer n’est pas un principe avec lequel on peut transiger « , a-t-elle ajouté en se déclarant  » profondément choquée «  par cette agression.

« Elles l’ont cherché » 

STOP à la justification de la violence ! Alors quoi, en France, terre de liberté,  si l’on fait ou dit quelque chose qui dérange, on se fait taper sur la gueule, c’est ça l’idée ? De nos jours, en France, quelle personne subirait un tel sort lors d’une manifestation pacifique ? Pourquoi ces sympathiques manifestants se sont-ils subitement octroyé le droit de frapper ?

« Etant donné la situation, ce n’était pas opportun de faire ce qu’elles ont fait« .  Sans blague ? Si les Femen faisaient dans  la dentelle, ça se saurait ! Si elles agissent de façon subversive, c’est principalement pour être entendues.

« Il fallait qu’elles s’attendent à ça, elles l’ont cherché  » peut-on également lire sur les réseaux sociaux.

Ok, c’est très clair. Pourquoi tolère-t-on qu’une militante pacifiste se fasse tabasser :  parce-qu’elle était torse nu. Elle l’a cherché, elle méritait qu’on la frappe, ce n’est donc plus une victime mais une coupable. Coupable de quoi ? Coupable de nudité.

Tout à coup, les méthodes des Femen prennent un sens. Et si elles avaient raison d’agir de cette façon ? Qu’est-ce qui nous fait dire qu’elles sont dans le faux de parader seins nus pour la liberté ? Leur passage à tabac ne justifie-t-il pas, brusquement, la naissance de ce nouveau mouvement ?

Les Femen, contre-productives pour la cause féministe ?

 » Прийшла, роздяглася, перемогла « 

On ne peut le nier, les Femen ne font pas l’unanimité chez les défendeurs des droits des femmes. On craint que le message passe au second plan et que seul l’aspect « bête de foire en représentation » ne reste à l’esprit.

Il est vrai que cela dérange, lorsque l’on souhaite profondément que les femmes ne soient plus traitées comme des objets sexuels, de voir que certaines, correspondant en tous points au soi-disant archétype de la fille objet (jeune, mince, épilée, maquillée, etc.),  défilent poitrine au vent, offerte à tous.

Mais d’où vient cette pudeur mal placée ? Certaines plages, où le topless et le string règnent en maîtres, seraient-elles plus propices à ce genre de manifestations ? Soyons honnêtes, nous sommes plus cléments dans certaines situations, mais est-ce réellement une question de lieu ?

Si l’on pouvait encore douter de la pertinence des méthodes d’activisme des Femen, aujourd’hui, suite à ce déferlement de violence, on ne peut qu’ouvrir les yeux. La question peut se poser également sur le mouvement anti  « Slut-shaming » à travers la « Slut-walk », protestation féministe issue de la même mouvance, créant peut-être ainsi , la quatrième vague féministe. Avons-nous oublié le dépôt d’une gerbe à la femme du soldat inconnu, sous l’arc de triomphe, à Paris ? Rappelons-nous le manifeste des 343 salopes en faveur de l’avortement ! Toutes ces actions étaient choquantes, subversives et vivement critiquées pour leur époque.

Les Femen, forcées d’aller plus loin dans la transgression pour faire parler de leur cause, ne sont-elles pas dans la même lignée que nos aînées ? La question restante serait alors, la forme supplante-t-elle le fond ?

 

Pourquoi marketing et lutte contre les stéréotypes de genre font-ils bon ménage ?

31 Oct

Les supermarchés U seraient-ils partisans d’un monde paritaire plus équitable ?

Ma fille tu feras des jeux de construction, mon fils tu joueras à la poupée. Voilà ce que l’on pourrait entendre en arrière plan, en s’imaginant les parents feuilletant le magazine de jouets réalisé par les magasins U pour Noël 2012.

En effet, comme l’a noté le Huffigton Post dans son article, les supermarchés U ont pris l’initiative de lutter contre les stéréotypes de genre cette année et de ne plus proposer de photos  « cliché », enfermant les enfants dans un rôle prédéfini par leur appartenance de genre.

Interloqué par une telle initiative, Le Huff Post, a interrogé les magasins U sur cette étrange démarche :

« C’est bien volontaire. L’année dernière, il y a eu plusieurs remontées de clients déplorant que les petites filles étaient systématiquement associées à la dînette, et les petits garçons aux voitures » explique l’enseigne.

Marketing / RSE : même combat ?

Bien que présentant une formidable avancée dans de nombreux domaines, la RSE (Responsabilité sociale des entreprises) n’en reste pas moins un outil de communication. Cette volonté de s’afficher en accord avec un environnement plus équitable n’existe, malheureusement, que parce qu’elle fait vendre.

La primauté de la relation client et la peur de rayer une clientèle bobo en mal de justice, titillera l’esprit créatif des concepteurs du magazine de jouets de nos amis les nouveaux commerçants, permettant ainsi de faire un joli pied de nez à tous les autres supermarchés qui tomberont une fois de plus dans le panneaux des catalogues filles/garçons pour les fêtes de Noël. Partie rose pour les filles et bleue pour les garçons.

C’est cadeau !

Oui, ça fait grincer des dents d’être parfaitement conscient que tout cela n’est que machination et mise en scène marketée. Mais malgré tout, ce n’est peut-être pas si mal… Et si c’était, pour le moment, la seule chose efficace qui permet de faire avancer les mentalités ?

À voir si l’année prochaine, le mouvement sera suivi par d’autres magasins et surtout, si les petites filles se mettent à commander des trains électriques et les petits garçons des dinettes…

Pourquoi en Tunisie, une victime de viol se retrouve t-elle sur le banc des accusés ?

5 Oct

 rédigé le 3/10/12

«Dans mon pays, la police me viole et la justice m’accuse»

Pouvait-on lire sur l’une des nombreuses pancartes, lors d’une manifestation en Tunisie, regroupant quelques 500 personnes en faveur de l’arrêt du procès à l’encontre d’une tunisienne de 27 ans, violée par deux policiers.

Ce procès lancé par l’autorité judiciaire du pays avait pour objectif de condamner la jeune femme pour «atteinte à la pudeur» et «atteinte aux bonnes moeurs».

Les faits

Nous sommes dans la nuit du 3 au 4 septembre dernier, à Aïn Zaghouan, en Tunisie. Un jeune couple rencontre trois policiers. Nous n’aurons pas plus de détails, mais on connaît déjà le bilan. La jeune femme est « sauvagement violée » par deux des policiers, le troisième retenant son compagnon.

Comment est-ce donc possible ? Retourner la situation et passer la victime en accusée ? Est-ce bien réel ? Comment faire passer cela en toute impunité ?

Une contestation solidaire et planétaire

Le mouvement féministe femen, a manifesté aujourd’hui au musée du Louvre, à Paris, pour apporter son soutien à la victime.

En France, le ministère des affaires étrangères s’est positionné très clairement à ce sujet et demande à ce que les «poursuites cessent rapidement».

Suite au lobbying et à la pression médiatique (désolant d’en arriver là, il aurait été préférable que ce soit suite à la condamnation judiciaire de ces criminels, mais apparemment quand il s’agit de femmes, ce ne sont plus les mêmes règles du jeu), on attend un abandon des charges que le gouvernement a retenu contre cette jeune femme qui, rappelons-le tout de même, a été violée par deux policiers.

Après la révolution du printemps arabe de 2011 et depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes d’Ennahda, ONG et médias dénoncent le harcèlement de la police à l’égard des femmes. Le parti avait déjà entaché « l’image de la Tunisie » en août dernier, désirant ajouter à la nouvelle Constitution la « complémentarité » des sexes et non l’égalité.

Ce tragique exemple nous renvoie aux droits des femmes et à la condition féminine, qui, dans certains pays, sont constamment bafoués. Les femmes étant considérées comme des pousses-aux-crimes au lieu d’être prises en charge comme victimes. Les nombreuses manifestations et l’intérêt des pays européens pour cette abomination et cette atteinte aux droits des femmes est un élément très encourageant, qui laisse penser à un possible dénouement positif, malgré les six mois de prison que risque la jeune tunisienne.

Affaire à suivre…

rédigé le 5/10/12

Le procès de la honte

Hier, jeudi 4 octobre, le président tunisien, Monsieur Moncef Marzouki, a reçu la victime afin de lui présenter « les excuses de l’état ».

Renommé désormais le « procès de la honte », la battage médiatique qu’il a crée a forcé les politiques à réagir. Ainsi le président a également ajouté que :

« le dérèglement n’est pas dans l’institution sécuritaire mais dans la mentalité de certains de ses membres« .

« Il n’y a plus de tolérance, ni pour les violeurs, ni pour ceux qui les couvrent ou qui veulent voiler (!) la réalité. La présidence suivra de près cette affaire pour qu’aucun intérêt partisan ne l’emporte sur la primauté de la loi et pour que les Tunisiens soient rétablis dans leur droit ».

Malgré le joli communiqué de presse, le jugement aura cependant bien lieu dans quelques jours, la jeune fille devant toujours comparaître pour « atteinte à la pudeur ».

Affaire à suivre..?

Pourquoi la première dame a t-elle eu raison de Valérie Trierweiler ?

3 Oct

 

 

Après trois mois de silence, Madame Valérie Trierweiler annonce dans une interview pour Ouest-France :« le tweet (de soutien adressé à Olivier Falorni, qui a mis à mal Ségolène Royal durant la campagne pour les législatives de 2012, ndlr) a été une erreur que je regrette ». Nous génération Y, on s’interroge : pourquoi ?

Alors, pression sociale ? La première dame est-elle en train de céder au rôle qu’elle a tant rejeté ?Ce rôle contre lequel elle s’est maladroitement vigoureusement débattue ?A-t-elle cédé alors que, tel un oiseau en proie aux charognards, elle a lutté contre la norme caricaturale qui allait s’abattre sur elle et l’enfermer dans un personnage qu’elle n’était pas ? A-t-elle changé sous le poids des chaînes de la « fonction » ? Mais est-ce donc la fin des haricots ?

Valérie sérieux, pas toi.

Alerte rouge pour nous, pauvres pêcheuses 

Mais qu’est-ce donc qu’une femme forte face aux carcans moraux, culturels et traditionnels de la société, hmm ?

J’ai lu quelque part, un homme expliquant qu’il ne pouvait être féministe car le féminisme était « une lutte menée par les dominéEs ». Après réflexion finalement, notre chère première dame semble lui donner raison : nous sommes en lutte. C’est d’ailleurs pour cela que l’on a eu droit, dés le début de l’article, à un champs lexical digne d’un rendu d’arme avec drapeau blanc : 

« Je n’oublie pas la chance dont j’ai bénéficié dans la vie. Il est temps pour moi de rendre, en me mettant au service des autres ; et des enfants en particulier. »

Oui, j’ai failli m’étouffer moi aussi. Ayant lu en diagonale, j’ai cru voir « me rendre ». Il faut dire que la signification sous-jacente est, finalement, plutôt explicite.

Eh béh ! Ça a bieeen du faire plaisir aux dinosaures politiques de tous bords, un tel retour dans le droit chemin ! Vous reprendrez bien encore un peu de soumission ? Telle une enfant sermonnée après avoir été prise en faute, on peut lire dans le choix de ses mots, l’abdication suite à la rédemption :

« Je n’avais pas encore réalisé que je n’étais plus seulement une simple citoyenne. Cela ne se reproduira pas. »

(Argh!)

Le journaliste l’interroge ensuite sur le satut de première dame, la first lady répond :

« Il n’y en a pas et nul besoin d’en créer un. »

Tiens, a t-elle changé d’avis ? Moi j’aimais bien l’idée de définir enfin les droits et les devoirs du / de la compagne / époux(se) du / de la Président(e) de la République en France. Je trouvais ça formidable, brillant de modernité et d’intelligence. On avançait et mettait le doigt là où le phallocentrisme régnait en maître despote, mine de rien.

« Sur le rôle oui, j’ai avancé. Je n’avais sans doute pas pris toute la mesure des exigences de cette tâche. Etre aux côtés du Président m’oblige à considérer les choses autrement, à avoir des préoccupations moins personnelles. Je reçois de nombreuses demandes d’associations ; et d’autres individuelles : le plus souvent de femmes dans des situations précaires. Je considère que c’est mon devoir d’y répondre. »

Hormis la soudaine révélation raisonnée pour le sacrifice lié au devoir, dites moi, s’il vous plait, que ce sont des éléments de langage. S’il vous plait.

 

Alors… et la com dans tout ça ?

Conseillers en com, conseillers politiques, coachs ? Vendez votre âme, on fera de vous la meilleure dame de France de la Ve !

Oui c’est vrai, contrairement aux déclarations qui sont faites, je n’imagine pas sans un certain effroi une armada d’hommes lui dire quoi faire, quoi dire, quoi penser, quoi porter…

Ce serait plus chouette de se dire, que finalement, elle est toujours aux commandes et que c’est juste un coup de com’ ! En effet, on a pu apprendre récemment que 67% des français avaient un avis défavorable la concernant. Quoi de mieux qu’un bon mea culpa médiatisé ? Mais la communication, ça a bon dos. J’ai envie de dire zut à la fin. Val, t’es une nana bien, libre, forte, indépendante, en quelque sorte égérie d’une lutte qui ne doit pas cesser pour si peu ! Si même la première dame de France capitule face au puissant patriarcat, que faire… ?

 

Sommes-nous complices ?

Bon soyons honnête.

Après avoir goulûment suivi le feuilleton de l’été que les médias nous ont servi (digne d’une télé-nova brésilienne mais qui ne retrace sûrement pas toute la vérité ! Quand même, on en a conscience hein, faut pas déconner…) et après n’avoir eu aucune réaction face à cette condamnation, à cet humiliant bashing exposé sur la place médiatico-publique, on se dit aujourd’hui, en lisant cet article, qu’on a un amer goût dans la bouche…

N’avons nous pas, nous aussi, été pris(es) au piège du médiacentrisme phallocratique ?

P*tain. On s’est fait(e) roulé(e)s. Ils l’ont eue. Et sous nos yeux consentants en plus !

Mais qui de plus symbolique pour représenter la bataille pour l’indépendance des femmes, que cette dame qui a eu peur de se perdre en devenant la compagne du Président de la République Française ? Comment a-t-on pu si peu la soutenir ? Ne voyons nous pas qu’elle était dans le vrai le plus total, lorsqu’aujourd’hui la machine du patriarcat dominant se referme sur nous ?

Et dire qu’on avait espoir en le changement…

Mais le changement, ne doit-il pas venir de nous, Yers ?

Pourquoi la parité ?

30 Sep

Hmmm… Cette partie de la campagne de lancement de la chaîne D8 me laisse un tantinet perplexe.

Je ne suis pas sûre qu’elle serve la cause féminine et encore moins celle de la parité. Peut-être qu’un petit rappel de la signification de ce terme aurait pu être utile aux communicants à l’origine de cette publicité…

Parité : n.f. La parité est un concept d’égalité d’état ou d’équivalence fonctionnelle lié au nombre deux.

L’utilisation du second degré ici me semble renvoyer à une éventuelle superficialité et futilité du combat pour la parité, ce qui est plutôt irritant je dois dire.

Bon, notons tout de même la volonté de dépasser un tant soit peu les « anciens » clichés (même si c’est pour les remplacer par des nouveaux…) et espérons que cela amène quelque chose de positif.

Pourquoi history is herstory too

30 Sep

« Mais tu ne pourras pas changer l’histoire enfin, arrête ! »

Mais qui a dit changer l’histoire ?

Ce qu’il faut c’est sortir de ce satané conditionnement qui nous pousse à tout trouver normal ! Non, visiter l’allée d’un monument historique qui honore les grands noms du pays, et n’y voir AUCUNE statue emblématique représentant des femmes, ça n’a rien de normal, ça n’a rien d’équitable.

« Si elles n’y sont pas représentées, c’est peut-être qu’aucune femme ne méritait d’être là… »

Provoc’ sur fond de « constatation véridique ». Erf.

Comment lutter contre ça ? Contre le constat froid, qui se veut logique, face à de la théorie, qui se veut impartiale ?

Oui. Sûrement qu’il y avait peu, voire aucune, femme colonelle d’une armée, présidente d’un conseil ou grande entrepreneuse notoire ! Mais la question n’est pas là. La question est pourquoi ? Et la réponse pointe juste du doigt que, si les femmes n’étaient pas représentées, ce n’est pas parce-qu’elle ne le « méritaient » pas, mais bien parce-qu’on ne leur avait pas laissé le choix de pouvoir oeuvrer pour leur patrie. Leur rôle n’était pas de réfléchir, de construire, de bâtir, de se battre. En tous cas, pas dans la lumière.

Livres, documentations scolaires, monuments, tout ce qui pourra servir de réminiscences à notre histoire passée, ne servira jamais  la cause des femmes, car elle n’existait pas. Du moins, elles n’existaient pas dans l’esprit des historiens qui l’ont écrite.

Il nous imputera, alors, d’écrire et de changer l’histoire d’aujourd’hui ; et plus encore, celle de demain.

 

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